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La
Normandie... Villamajor 951
km
Après plus d'une
journée de voyage à travers l'ouest de la France, nous avons abordé cet
après-midi la terre d'Espagne que nous attendions depuis très longtemps.
Les paysages défilent.
Au pays basque français ou espagnol, les Pyrénées sont vertes, parsemées de
maisons larges, blanches à colombages rouges.
Les quelques pâturages sont
occupés par les moutons. Mais là où cela commence à changer, c'est avant
Pampelona avec moins de montagnes. De grandes plaines vallonnées offrent une
terre ocre jaune qui s'amplifie avec la lumière du soleil. Les changements sont les toits des maisons aux tuiles cannelées, à faible pente, aux églises
plus que trapues dans leur forme. On sent quelque chose d'hispanique dans l'air.
A Pampelona, nous nous sommes promenés à pied.
Les gens se rencontrent
facilement, discutent aisément, s'assoient dans le parc. On dirait que c'est
l'heure des rencontres. Un mariage attend la mariée. On apprendra plus tard et
avec l'habitude du pays que ces heures de rencontre se nomment le paséo. Peu
après Pampelona en direction de Logrono, une barrière naturelle est installée
avec des taillis sur les flancs, des champs à ses pieds. La surprise se tient
sur cette crête. Des dizaines d'éoliennes ponctuent cette ligne entre
terre et ciel. Le jour s'est terminé sur ces paysages ocre jaune de Navarre.
Après avoir cherché en vain un endroit où dormir à Estella Lizarra, nous
sommes quelque part sur une hauteur au pied d'un village, derrière une sorte
d'hôtel restauré très éclairé (restaurant Castillo de Monjardin à
Villamayor). J'ai hâte de voir les bâtiments de jour !

Villamajor...
El Escorial
452 km
Nous traversons la Rioja,
pays de vignobles équivalant à notre région de Bordeaux.
Nous traversons la
Castille avec ses champs à petites parcelles de blé coupé, avec aussi ses
terres sans rien. Mais avant il a fallu grimper la montagne verte sans âme qui
vive à des lieux à la ronde. C'est sans doute pour cela qu'un motard s'est
arrêté lorsque Gérard a ouvert le capot du camping-car pour refroidir le
moteur après l'interminable montée. Ce motard a dû croire que nous étions en
panne. Nous l'avons rassuré... no problem !

Le voyage et la route sont longs ?
Nous faisons une halte dans le village de Medinaceli,

site historique d'origine
romaine avec un arc de triomphe pour vestige. A partir du village, nous
surplombons les terres désertes de Castille. Le soir nous essayons de sortir
des périphériques de Madrid pour rejoindre l'El Escorial qui est à une
cinquantaine de kilomètres.

Nous ne pouvons pas passer la nuit en ville. Nous
nous dirigeons vers le camping. Le camping est calme, propre et surveillé avec
d'immenses sanitaires toujours impeccables. Nous profitons de toutes les
installations pour la douche, la vaisselle, le linge, la vidange des W.C.
El
Escorial... Yuncos 147
km
Nous allons au monastère
pour le visiter... mais... "esta cerrado !" Fermé le lundi
comme tous les grands monuments et musées nationaux. Après la déception en
route pour Madrid. Pour les touristes camping-caristes que nous sommes, trouver
une place sur un "aparciamento" est une véritable
galère que les nerfs affrontent ! Vers midi, nous nous garons à Atocha, la
gare de Madrid.

Nous mangeons un bon sandwich dans une petite salle sombre et
fraîche avec bancs et téléphones. Mais à travers une porte vitrée, nous
apercevons des plantes exotiques. Elles m'attirent ! La porte passée et je
découvre une véritable serre tropicale avec verrière, brumisateurs et
bassins. Ce paysage intérieur forme l'entrée piétonne de la gare. Splendide
!
Nous partons vers la Plaza Mayor, le centre du vieux Madrid.

Nous
suivons l'itinéraire du guide Michelin jusqu'à un grand pont.
De là, nous
bifurquons vers un grand bâtiment, l'église Notre Dame d'Almudena, église
face au Palais Real. Nous visitons le Palais de la famille royale. Nous
commençons par la pharmacie et le laboratoire. Ensuite nous admirerons toutes les
salles ouvertes au public avec la salle du trône., les salles de réception et
toutes les autres très ornées du sol au plafond. Des collections d'argenterie,
de cristal, d'instruments de musique dont 5 stradivarius (violons et
violoncelle), une guitare incrustée de nacre et petites pierres précieuses
s'exposent dans les vitrines.

Dehors, il fait 38°,
température indiquée par des panneaux. De grands travaux sont entrepris très
proches du Palais. Des ouvriers creusent, travaillent, transpirent sur ou sous
l'asphalte. De quoi avons-nous l'air pauvres touristes transpirant à ne rien
faire ?

Nous nous installons au Palazza pour déguster des glaces à deux boules
l'une sur l'autre. Quel régal ! Il faudra affûter nos mollets pour remonter la
Gran Via, passer devant le Prado fermé (c'est lundi ! ) et rejoindre
Atocha. Sortis des périphériques et d'un bouchon, nous cherchons un village
dans lequel dormir au calme après la capitale. Nous arrivons donc à Cedillo
del Condado. La chaleur accable. L'orage monte. Il éclate et gronde... La pluie
perle à grosses gouttes. Un berger rentrera son troupeau sous l'orage en
passant à côté de nous. Nous en verrons beaucoup en Castille et dans la
Mancha toujours accompagnés de leur âne, leurs chiens et leurs moutons.
L'orage s'éloigne... Toutefois le ciel s'illuminera sans bruit très tard dans
la nuit avec des éclairs au-dessus de Madrid. Nous nous endormons en regardant
cet horizon zébré par la foudre. La soirée a été occupée à promener nos
amis nos chiens en nous asseyant sur un banc à discuter comme le font chaque
soir les Espagnols du Nord au Sud
Yuncos...
Urda 160 km

En partance pour
Tolède, nous faisons des achats au supermercado de quartier. Nous essayons de
trouver un endroit pour manger au bord du Tage mais aucun chemin n'y mène.
Alors nous grimpons jusqu'au parador qui surplombe la vieille ville de l'autre
côté du Tage.

La vue est imprenable. La ville attire même de haut et de loin.
Nous déjeunons à côté du parador. L'après-midi sera consacré à la
déambulation dans le dédale des vieilles rues,

dans la cathédrale-musée. Ce
lieu saint abrite des oeuvres du Greco qui vécut ici, un trésor en or, une
bible du XIIIe siècle en écriture gothique encadrée d'enluminures.
Des
plafonds d'art mudéjar ornent certaines salles dont celle des portraits
d'évêques. Des sculptures au plafond invitent les visiteurs à grimper au ciel
(plafond peint éclairé par une trouée de lumière naturelle). Nous continuons
le dédale des rues.
Nous dégustons une pâtisserie sur la Plaza Mayor. Nous
passons à côté de l'Alcazar qui a connu une histoire dramatique pendant la
guerre civile. Après avoir admiré le travail des orfèvres de Tolède, nous
regagnons le camping-car.
Nous roulons... nous bifurquons de l'autovia mais la
direction est inverse de celle escomptée. Nous faisons 20 à 25 kilomètres
avant de trouver une âme pour nous renseigner... "si estamos perdido
!". Des collines à taillis, des oliviers, des prés avec des vachettes
noires, des fincas (propriétés) rares s'étalent. Mais pas de petit village
où dormir. Le paysan nous dit qu'il faut faire demi tour... Gérard s'y
résigne. Urda est de l'autre côté de l'autovia ! Dans Urda, on tourne en rond
pour trouver une place. Nous stoppons le véhicule le long du jardin public...
c'est l'heure du paseo. Jo et Floriane vont jouer dans le parc... Nous
passerons une nuit calme et au petit matin, c'est un troupeau de mouton qui nous
réveillera.
Urda... La
Carolina 360 km
Nous quittons Urda pour
Ciudad Real où nous achetons viande et pain. Pour la première fois, nous
voyons un homme qui fait garer les voitures moyennant une somme modique. Nous ne
pouvons pas y échapper. Mais son visage n'inspire pas confiance et Gérard
restera dans le camion. Nous remontons à travers la Mancha par Daimiel, Puerta
Lapice, Alcazar de San Juan jusqu'à Campo de Criptana. Les maisons sont
chaulées et peintes en bandeau bleu outremer sur leur soubassement ou le cadre
des fenêtres. Sur la colline de Campo s'élèvent fièrement les dix moulins de
Don Quichotte.

Ils sont simples aux corps cylindriques blancs, aux ailes et toits
noirs. Vers 16 h 30 nous laissons les moulins de Cervantes.
 Nous traversons les
plaines de la Mancha où poussent vignes, melons, poivrons et lentilles sur
d'immenses étendues. De minuscules maisons parsèment ces champs.
Après Valdepenas,

l'autoroute emmène les poids lourds, les Marocains chargés et les
autres vers le Sud. Un panneau est écrit en musulman. Au Desfiladero de
Despenaperros, montagne encaissée et parc national, nous franchissons
l'Andalousie.
Les oliveraies à perte de
vue, plantées en alignement sur tous les côteaux succèdent à la montagne.
Nous faisons halte à Carolina de la Fernandina, un village rue parmi les oliviers.
Un troupeau de chèvres rentre au bercail...

Plus tard un jeune cavalier monte
une jument suivie de son poulain. Sur le pas des portes les gens discutent. Sans
doute serons-nous un sujet de conversation ce soir là car peu de touristes
doivent s'y arrêter. Nous achetons des boissons au marchand ambulant. Nos
chiennes jouent... tout est calme pour passer une bonne nuit... Couchés, nous
entendons les voix incessantes des mamas ! Un chien s'époumonera très tard dans
la nuit. Comme toutes les nuits, je me réveille, tous les animaux vivent la
nuit à Fernandina ! Le tintamarre des chats, des chiens, des volailles fait
rage... un véritable capharnaum bestiaire et nocturne !
La
Carolina... Cordou 189
km
Vers 7h00, je sors les
chiennes, un vieux paysan avance et va prendre son travail. Dans un jardin, deux
énormes figuiers de barbarie se penchent hors des murs, un autre porte ses
fruits. Un troupeau de chèvres prend le même chemin qu'hier
soir. Un habitant nous offrira 20 litres d'eau potable. Nous faisons quelques
courses à Continente de Andujar. Nous déjeunerons à côté de Marmolejo sous
des eucalyptus au bord du Guadalquivir.

Le lit de ce fleuve révèle sa
fertilité par des cultures immenses et son système d'irrigation simple et
efficace. Les eaux du Guadalquivir coulent rapidement mais elles sont troubles.
Ici, Jonathan et Floriane enlèveront leur maillot pour bronzer. Cela deviendra
presque leur obsession. Sur la nationale, nous faisons halte pour un plein d'eau
en station service.

Nous arrivons à Cordoba.
Nous nous garons derrière l'Alcazar sans le savoir. Nous nous promenons dans la
Juderia, ancien quartier juif près de la Mezquita (mosquée).
Les ruelles
regorgent de petites boutiques à souvenirs. Les murs sont blancs, les
ouvertures ont des stores ou des volets de bois, parfois des claustras sur la
partie inférieure. Parfois des pots de fleurs sont glissés entre le store
et la grille en fer forgé plus ou moins ouvragée.

Je suis attirée par les
patios, véritable appel à la fraîcheur par ses carrelages d'inspiration
musulmane dans leurs motifs, et par les plantes accrochées aux murs.

Parfois,
on entend le murmure d'un filet d'eau, l'espace central de certains patios
est occupé par un palmier ou un bananier ou une autre essence exotique.
Nous visitons la tour arabe
de la Calahorra à une extrémité du pont romain.


Grâce à un casque, nous
aurons droit à une visite en français. Les différentes salles expliquent la
vie et l'ambiance de tolérance qui régnaient à l'époque d'Abd El Rahman III.
Les califes attiraient les artistes, les scientifiques et les philosophes. La
vie intellectuelle était en effervescence. Les maquettes de l'Alhambra de
Grenade et de la Mezquita de Cordoue (avant la construction de la cathédrale)
sont superbes et au niveau des yeux des enfants. Nous mangeons vers des
immeubles à l'opposé de la Juderia. Nous retournons en ville. Nous voulons
découvrir la vie nocturne d'une cité. Nous allons à la Juderia mais nous
sommes déçus car nous pensions trouver un quartier typiquement animé... mais
il ne l'est pas. L'animation se situe davantage vers les rues plus modernes. A
force de tours et détours, nous sommes complètement perdus sans plan. Nous
demandons notre chemin... en vain... nous nous retrouverons et reprendrons le
camping-car pour passer une nuit sur un parking d'une station ouverte toute la
nuit, près du restaurant à Villarubia... il est minuit.
Cordou...
Sétéfilla 108 km
La journée commence
calmement. Nous retournons à Cordou pour visiter la Mezquita qui inspire calme,
équilibre et contemplation.


L'Alcazar

ancien palais catholique et siège de 300
ans d'Inquisition fait épanouir son jardin à bassins et jets d'eau aux patios
arbustifs et intimes.

Nous regagnons le camping-car garé au pied de la tour de
la Calahorra. Nous mangeons à l'intérieur malgré la chaleur et quitterons la
ville pour découvrir le site archéologique le la Médina Al Azara.

Au cours de
la visite nous nous aspergeons d'eau aux petits jets verticaux pour vaincre la
chaleur.
 Après
avoir traversé d'immenses champs d'orangers, nous nous arrêtons pour
la nuit dans la petite ville de Setefilla avec des maisons blanches aux façades
simples. Il fait chaud à l'heure où j'écris ce récit (22h45) pendant que
Gérard discute avec des jeunes filles un peu curieuses de ces étrangers. La
soirée s'avère calme.
Sétiffilla...
Séville 141 km
Nous quitterons Setefilla
vers 10 heures. Nous nous balladons tranquillement dans la Sierra Norte de
Séville, parc national naturel. Quelques rares haciendas parsèment les
oliveraies plus anciennes et à l'allure plus sauvage qu'en Castille. Des
vaches, des chèvres ou des moutons recherchent l'ombre.

Nous faisons des
courses à Constantina, ville patrimoine. Nous allons au petit primeur pour
acheter de l'eau en bidon... nous en buvons 7 à 8 litres par jour, alors il
faut prévoir l'approvisionnement ! Puis ce sera le pain et enfin la boucherie.
Celle-ci s'étale en longueur. Beaucoup de clients et beaucoup de discussions
avec le boucher montrent que l'attente est une occasion encore de papoter. Il
faut prendre le temps de vivre même à la boucherie ! Nous déjeunerons à
l'ombre d'un vieux chêne liège sur le parking d'un restaurant. ... en route
pour Séville.

Nous déambulons à travers
les ruelles étroites du Bario de Santa Cruz (ancien quartier juif).

  
Nous
entrons dans un petit bar décoré de photos encadrées sur deux murs. Ces
photos sont la mémoire de ce café et de la vie sévillane. Nous apprécions
énormément la "cerveza" (bière) très fraîche. Nous écrivons nos
premières cartes postales.
Gérard ira voir les chiens
et savoir si tout se passe bien au camping-car car les guides ne sont pas
optimistes sur le comportement de certains sévillans à l'encontre des
touristes. Ensuite nous regagnons la Plaza Nueva. De là nous trouvons notre
petit restaurant pour fêter l'anniversaire de Jonathan. Nous estimons que le
samedi soir sera plus animé. Nous dégustons des gambas à l'ail et Jonathan et
Floriane une assiette de poissons de mer variés. Tout cela bien arrosé d'un
bon vin rouge "vino tinto" de la Rioja. Nous découvrirons que le
serveur, après discussion en français, est originaire de notre région, à
quelques kilomètres de chez nous... comme le monde est petit. Nous irons passer
la nuit à la sortie de Séville sur un parking routier.
Séville...
Chipiona 167 km
Retour sur Séville après
avoir souhaité un bon anniversaire à Jonathan. Nous sommes dimanche, les
touristes sont sortis, je compte douze autobus. Après avoir visité l'Alcazar
des Reyes, nous nous dirigeons vers un bar à tapas où nous dégustons nos premiers
tapas. Nous en reprendrons.

Nous allons à la cathédrale mais la queue pour y
entrer nous dissuade. Nous partons donc pour la place d'Espagne en taxi. Après renseignements, les tarifs des calèches sont prohibitifs. Nous avons
préféré le taxi moins cher et plus rapide pour éviter des petites jambes
fatiguées et une saturation des visites. Et cela ajoute un attrait pour les
enfants qui ne sont jamais allés dans un taxi.

Cette place grandiose expose ces
céramiques partout : au sol, sur les bancs, sur les façades, les coupoles, les
murs intérieurs, les rambardes de ponts.


Le retour pour la
cathédrale se fera
en mégane au grand plaisir de Jonathan. La queue est beaucoup moins
longue que ce nous pouvions penser.
Nous grimpons en haut du minaret, la Giralda
par une succession de plans inclinés et non des marches.
Peu usuel, cela amuse
beaucoup les enfants surtout à la descente. Une vue superbe sur Séville se
dégage.

Dans la vieille ville, certaines maisons sont dotées d'une piscine en
terrasse. Nous verrons les arènes d'en haut

(la plaza de toro de la
Maestranza)
renommées pour accueillir les plus célèbres toréadors. Hormis toutes les
collections et trésors exposés, cette cathédrale abrite le tombeau de
Christophe Colomb soutenu par quatre statues colossales représentant les rois
de quatre provinces. Le choeur possède un retable flamand rutilant d'or du 15e
et 16e siècle. Nous n'irons pas à Triana, quartier populaire de l'autre côté
du Guadalquivir car les guides l'indiquent comme un peu "chaud". Nous
quittons Séville, ville fastueuse. En cours de route nous faisons le plein
d'eau et de gas-oil. Nous traversons la campagne riche de ses vignobles qui
produisent le jérez. Nous traversons la ville de Jérez qui possède l'école
royale d'art équestre.... Direccion el mar...
A Sanlucar de la Barrameda,
nous découvrons la mer un peu trouble. En effet l'estuaire du Guadalquivir est
tout proche. Nous nous promenons sur la plage bien encombrée. Une fête foraine
borde la rue. Nous nous rafraîchissons avec un granizada con lemon. Des badauds
s'affairent devant une petite église. Que va-t-il se passer ? Les gens arrivent
toujours plus nombreux. Il ne se passe rien où alors nous ne comprenons rien.

Nous mangerons en bordure
de mer. la nuit commence à arriver, les promeneurs nous regardent sur leur
passage. Apparemment cette scène est inhabituelle pour eux... manger à cette
heure c; ! Après dîner, nous jouons sur la plage, des groupes de jeunes
chantent dans l'obscurité, proches des vagues, cela ressemble à la musique des
Gipsy King. Les familles installées sur la plage pour dîner veillent ou
partent. Une foule immense bien endimanchée longe le bord de mer dans un flux
continu de jeunes, de bébés, d'enfants, de vieillards, d'adultes,
d'handicapés. Cette marée humaine semble ne jamais s'arrêter. Ce sera le plus
époustouflant de tous les paseos que nous rencontrerons dans l'Andalousie
entière. Nous quittons cette marée humaine en essayant de nous frayer un
chemin... une fanfare arrive face à nous... c'est la fête... Sortis de la
ville envahie, plus personne. Nous nous arrêtons sur un grand parking face à
la plage de Chipiona.
Chipiona...
El Puerto de St Maria 53
km

La mer s'offre à nous
avec une grande plage de sable fin. Notre journée farniente commence par
quelques courses. Puis "vamos à la playa"... baignade... bronzage...
un petit tour en ville et nous ne repartirons que le soir pour dormir de
nouveau en bord de mer à El puerto de St Maria près de Cadix.

El Puerto
de St Maria... Conil de la Frontera 86
km
Un marché s'installe
vers le parking où nous sommes garés. Nous avons besoin de pain et de viande.
Nous allons donc au marché. Ces aliments point nous trouverons. Nous traînons
dans ce marché populaire. Les commerçants vantent leurs marchandises en
criant. L'atmosphère bruyante nous imprègne pour un moment. Nous reviendrons
avec un maillot de bain, des chaussures et une robe. La nourriture se trouvera
un peu plus loin en ville.

Nous nous baignons... nous mangeons... nous
repartons... nous traversons Cadix par la vieille ville. Nous ne trouvons pas de
parking. Nous longeons le paseo maritimo. Il fait chaud... pas envie
de visiter les vieilles pierres. Nous poursuivons... une seule envie... sentir
l'eau de l'océan envelopper nos corps. Nous bifurquons à la nationale
direction Roche. Quelques centaines de mètres plus loin la route est barrée
par un poste de garde et une barrière. Roche est une petite ville
résidentielle privée ! L'accès à la plage est toutefois autorisée mais nous
ne pourrons pas y dormir. Nous passons. Nous traversons ce qui doit être la
route principale. De chaque côté, de merveilleuses villas bourgeoises
entourées de jardins de fraîcheur nous mènent vers la plage. Celle-ci n'est
pas très grande mais très propre et la mer aussi ! Un véritable petit
coin de paradis ! En soirée, nous arrivons à Conil de la Frontera.

Cette ville
bâtie sur une pente, regarde la mer de ses maisons cubiques et blanches.

J'imagine très bien les mêmes habitations en Afrique du Nord. Je ne sais pas
pourquoi. Est-ce une intuition ou des souvenirs oraux de ma petite enfance
racontés par mon père ou à travers un tableau de mon grand-père ? Nous
sommes garés face à la plage, derrière nous, Khéops, une discothèque. Je
mange en admirant un coucher de soleil au loin dans les brumes de l'horizon. Les
derniers rayons du soleil ont embrasé quelques façades de Conil... Mon plaisir
en Espagne savourer les grands espaces. Où on se trouve, notre regard se porte
toujours sur un horizon lointain que ce soit les collines désertes de Castille,
les oliveraies, les montagnes, l'océan. A Conil, nous irons voir les rues à la
nuit tombée. En montant, deux, trois rues sont animées par une foire aux
livres, différents petits marchands et quelques restaurants. Nous nous
attablerons pour déguster une glace. En revenant vers la plage, nous discuterons
avec des Français qui vont faire le tour du Maroc... Buenas noche !
Conil de
la Frontera... San Roque 176
km
Ce matin là, nous avons
profité de la baignade à Conil. Nous avons bien fait... Nous repartons, nous
mangeons au pied d'une petite dune à côté du phare de Trafalgar. Nous en
ferons le tour à pied en surplombant une superbe plage immense abritant
quelques naturistes. Ensuite nous traversons le "Parque natural des
Acantilado, pinar de Barbate" planté de pins superbes. De Barbate nous
montons à Vejer de la Frontera, beau village aux maisons blanches, aveuglément
blanches.

La lumière se reflète
vivement sur les murs.

Après avoir
visité le Castillo, nous nous perdrons dans les rues étroites.

Les ruelles de
Vejer offrent des entrées et des patios simples, sans grande ambition ou grand
luxe comme cela était le cas à Cordou. J'ai l'impression que des petits
commerçants ou petits artisans exercent leurs activités dans leurs propres
maisons. Une porte, une fenêtre ouverte ou entrouverte, une enseigne invite à
passer le pas de la porte pour les habitants.

Nous reprenons la route jusqu'à
Tarifa. Notre curiosité nous pousse à la plage de véliplanchistes réputée en Europe. Ce lieu est cosmopolite et jeune... très fun !

Nous
traversons Tarifa jusqu'à son port. Gérard et moi montons sur la digue.
Floriane boude car la mer est trop agitée pour se baigner et Jonathan n'aime
pas le vent fort de Tarifa, donc ils restent dans le camping-car. A peine avons
nous fait quelques pas, à peine avons nous pu apprécier la terre marocaine qui
émerge à quelques dix kilomètres du rivage espagnol

qu'un accident va nous
retenir une heure. Un jeune couple espagnol regarde la mer. nous faisons de
même, en se disant de ce côté finit l'Atlantique, de l'autre côté débute
la Méditerranée. Mais tout à coup nous apercevons le corps d'une homme sans
vie balancé par les vagues et porté par les courants... l'alerte est donnée
par ce jeune couple. Nous restons la gorge serrée pour observer le déroulement
des actions. Il faudra une bonne demi-heure pour qu'un zodiac de la Cruz Roja
apparaisse dans le port. Le bateau tourne autour du corps avec difficulté
(vent, vagues). A notre grand étonnement personne ne plonge. Les sauveteurs
n'ont aucun matériel... aucun câble pour relier le sauveteur au bateau... Trois hommes essaient d'attraper ce corps simplement en se penchant par dessus
les boudins du zodiac. Une heure après l'alerte, les sauveteurs ont réussi
leur mission... Où sont nos moyens de secours rapides et efficaces ?
Après cet incident dramatique, nous roulons à côté de collines ourlées
d'éoliennes modernes comme au Pays-Bas.
Il commence à se faire tard, nous
entrons dans Algéciras, grand port d'embarcation pour le Maroc.

La nuit tombe,
nous chercherons très longtemps un endroit sûr pour dormir... les petits
faubourgs ne nous inspirent pas... Nous finirons au camping "La Casita"
qui grâce aux horaires espagnols est ouvert... nous pique-niquons en plein air
à minuit et profitons de fraîcheur.
San
Roque... Castellar de la Frontera 60
km
Puisque nous sommes en
camping, nous prenons de bonnes douches pendant que le linge se lave et sèche
en partie. Nous allons à Gibraltar.

Ce rocher impressionnant par sa hauteur est
une enclave anglaise en Espagne. Il faut passer la douane. Toute la vie est
organisée à l'anglaise : fish and chips, pub, bus, boîte aux lettres, les
maisons n'ont pas du tout le type andalou, le Marks and Spencer, les horaires,
les hommes en costume-cravate. La langue anglaise aussi devient surprenante à
nos oreilles habituées maintenant à une autre mélodie. Nous remontons Main
Street bondée de magasins pour aller prendre le téléphérique qui mène en
haut du rocher.
Nous profitons de la vue sur la mer et de la baie d'Algéciras,
ville industrielle, peu agréable à notre goût. L'horizon vers l'Afrique est
très brumeux, la terre marocaine est à peine perceptible. Hier à Tarifa, la côte
africaine était plus visible dans sa largeur et sa physionomie. Nous
redescendons un peu. Nous visiterons une grotte étonnante par l'aménagement
d'une salle de spectacle utilisée depuis environ un siècle.
La reine Elisabeth
est venue le 10 et 11 mai 1954 à Gibraltar, deux plaques gravées nous le
rappellent. En quittant la grotte, nous verrons les seuls singes en liberté en
Europe.
Ces singes ont été emmenés par les Marocains vers le 10e siècle. Ils
sont une vive attraction. Nous redescendons la fin du rocher en téléphérique.
A Main Street, certains magasins sont déjà fermés. Quel contraste ! Floriane
et Jonathan écrivent des cartes postales dans un pub qui affiche de belles
aquarelles.

Pour quitter Gibraltar, il faudra être patient. La file d'attente
est longue. Une heure plus tard, nous franchirons la douane. Nous quittons le
bord de mer pour pénétrer l'arrière pays jusqu'à Castellar de la Frontera,
petit village peu entretenu avec un château habité. Sur la route, un gendarme
arrête le camion. Il demande les papiers... "La famille
est là ?"... "Si" répond Gérard.... "Alors, vous pouvez y
aller"... Le
gendarme n'a même pas regardé les papiers. Gérard redémarre et nous conduira
au pied du château à Castellar de la Frontera où nous passerons une nuit.

Castellar
de la Frontera... Grazamela 58
km
Le matin, à notre réveil,
nous apercevons Gibraltar en toile de fond. Nous poursuivons la route des "pueblos
blancos". Nous roulons doucement pour apprécier les paysages mais aussi à
cause des trous sur la route. Nous faisons des kilomètres sans voir une âme
humaine. Mais les âmes animales vivent tranquillement sous les chênes liège,
paissent sur le bord des routes, ou s'arrêtent au milieu des bandes de bitume
perforées.

Nous nous arrêtons à Jimena de la
Frontera,
un village blanc
tranquille. Nous achèterons comme à l'habitude pain et viande dans les petites
boutiques. Le midi, nous nous installons à l'ombre d'un chêne liège.

Cette
route est peu fréquentée : 3 à 4 voitures à l'heure ! Après le repas, les
enfants s'amusent. Gérard fait sa première sieste ! Et moi, je fais le grand
ménage... nous avons même étendu le linge de la veille sur le côté du
camion en plein soleil.

Plus de deux heures sont passées... alors imaginez...
le linge est sec. Nous continuons la route cahotante. Nous nous arrêtons
plusieurs fois pour prendre des photos dont un monsieur monté sur un âne et en
tirant un second.

Au bout d'un moment, la route s'améliore, notre vitesse
s'accroît. Nous arrivons à Ubrique, ville réputée pour ses artisans du cuir.
Nous faisons des courses dans un hypermarché. Après Ubrique, en direction de
Ronda... j'aime les paysages... Les forêts de chêne-liège du matin ont
laissé la place aux rochers et aux pâturages. Nous verrons chèvres et vaches.
Nous stationnons cette nuit à Grazalema, village blanc toujours, sur un parking
ombragé.

Ce village semble avoir trouvé sa tranquillité comme les villages de
montagnes. Toujours beaucoup de monde le soir... une dame m'invitera à voir les
tableaux peints par son mari... belles réalisations.
Grazamela...
San luis de Sabinillas 120
km
Nous reprenons la route
pour arriver à Ronda. Là, nous visitons les arènes, une des plus anciennes
d'Espagne construite à la fin du XVIIIe siècle, et le musée taurin,
intéressant par les costumes, les têtes de taureaux empaillées, les photos
des toreros, souvent morts au combat... avec l'animal.

Ce musée conserve le
témoignage des passionnés qui ont consacré leurs vies à la corrida. C'est
ici, je pense que Jonathan et Floriane réalisent ce qu'est une corrida. Nous
allons sur le puente Nueva... impressionnant !
 
surtout quand on pense qu'il y
a peu de temps encore on jetait des prisonniers de ce pont. Cela se
déroulait au XXe siècle pendant la guerre civile. Nous quittons Ronda par des
montagnes arides.
Nous mangerons en bord de route près d'une maison avec
l'autorisation du chef de famille qui avale deux bières.

Son âne nous donnera
un mini concert. Pendant notre repas, la famille aura beaucoup de visite... des
amis... et des bières qui coulent... puis c'est une camionnette qui s'arrêtera
pour proposer des vêtements.

D'ailleurs, mesdames, savez-vous comment choisir
la taille de votre soutien-gorge sans même l'essayer ? Pliez légèrement le
genou... appliquez un bonnet du soutien-gorge sur la bosse de cette
articulation... si le bonnet adopte bien la rondeur de votre genou, il adoptera
aussi la rondeur de vos seins... Il fallait y penser, n'est-ce pas ! Nous
continuons en traversant d'autres villages blancs : Atajate, Benadalid,
Algotocin, Gaucin... tous aussi jolis les uns que les autres.
Nous arrivons en
bord de mer... "vamos a la playa". La mer a une plage de sable puis de
galets. Les vagues creusent les galets. Alors on perd vite pied. San Luis de
Sabinillas nous accueille pour la nuit. En soirée un autre camping-car
français s'installe sur le même parking. Puis un camion de Cordou viendra.
Cette famille sortira des chaises dont une bien bricolée, un groupe
électrogène... dos à la mer ils regardent une émission à la télévision
installée hors du camion. Cette tranche de vie se déroulera en grignotant.
Pour moi cette scène semble assez surréaliste... L'émission terminée tout
est remis à l'intérieur... La famille repart. En soirée nous discuterons avec
des Français originaire de Saint Malo.
San luis
de Sabinillas... Fuengirola 93
km
Il devait être 8 h et
quart lorsque j'ai sorti les chiens. J'ai marché un peu sur la plage. J'ai
attaché Nala et Ninette. J'ai installé la table pliante face à la mer. J'ai
écrit ces lignes. Floriane s'est levée. Gros câlin. Toutes les
deux nous grignotons des petit beurre. Tout à l'heure nous irons mettre
nos maillots de bain. Nous irons à la plage à 9h50 car il fait déjà chaud.
Jonathan et Gérard dorment encore! Quelques instants plus tard... Jonathan se
lève alors que nous partons toutes les deux à la plage. En deux minutes à
peine il nous a rejoint.

Nous passerons notre temps entre bain de mer et bain de
soleil en alternance. Nous discuterons avec les mêmes personnes qu'hier soir.
Vers 14h nous avons un petit creux alors nous mangeons froid. Pas envie de
cuisiner ! Le farniente de la plage s'est emparé de moi et des autres. Ninette
et Nala ont passé leur matinée dehors à l'ombre du camion. Nous rangeons,
nous partons. Auparavant nous allons dire au revoir aux Malouins. Nous
traversons Estepona. Nous arriverons à Marbella et sa banlieue.
Un front de mer
bétonné en tout sens est construit pour les revenus moyens, je suppose.
Tandis que les quartiers privés avec jardins tropicaux et piscines sont bâtis
pour les petites fortunes. Marbella a l'odeur de l'argent et des touristes.
Marbella est sous haute protection à cause de trafics divers notamment la
drogue et la prostitution. Nous continuons sur Fuengirola qui, soit disant les
guides, est une ville plus familiale. Certes ce n'est pas une vitrine comme le
paraît Marbella mais une bonne agglomération touristique. Et nous sommes
dimanche !!!...Les Espagnols vivent sur la... plage... et nous, nous cherchons
un emplacement pour aller à la... plage. Tout le front de mer de Fuengirola est
bondé. Nous nous engageons sur une route en bord de... plage. Halte ! La route
se termine en rond point. Rien d'anormal pour faire demi tour... oui, mais
voilà, on est dimanche ! Les habitants de ce pays se garent n'importe où et
même dans les rond-points ! La prochaine demi-heure va devenir une galère sans
nom pour nous sortir de là sans abîmer ni les carrosseries des voitures
garées tout autour ni le camping-car. Il faudra une armure de patience pour que
les nerfs ne lâchent pas. Et je pèse mes mots ! Des gouttes de sueur perlent
sur le front du pilote... à sa place je n'aurai même pas desserré les fesses
! Tout se joue au millimètre près... et des badauds viennent observer la
manoeuvre de ce Français ! Sortis de ce trépas, nous revenons sur notre route
avant de trouver l'entrée du parking que nous avons convoité. Le moteur est
enfin arrêté ! Jonathan, Floriane et moi allons à la plage pendant que
Gérard s'occupe du camping-car. Il est environ 19 h 30. C'est dimanche,
l'ambiance est assurée : un bar sert de dancing avec petit orchestre... Comment
danser avec cette chaleur ? La famille au sens large, à côté de laquelle nous
nous sommes installés commence le repas du soir... Les femmes s'affairent
autour des glacières tandis que les hommes préparent le barbecue et les soeurs
s'occupent du dernier-né. Nous nous baignons. Les jeux dans l'eau sont le seul
but de Jo et Flo. Le repas fini, ces messieurs lavent le barbecue... dans la
mer. Ca ne donne pas envie d'y retourner. Vers 22 h, la plage se vide et la mer
retrouve son calme. L'endroit est bientôt presque désert... Nous finissons
notre repas à la chandelle... Il ne reste qu'un vieux camping-car anglais plus
que rouillé pour passer la nuit pas loin de
nous.
Fuengirola...
Malaga 200 km
J'aime la lumière du
matin sur toutes les choses. Floriane se réveille. Toutes les deux nous
marchons sur la promenade de ce qu'était l'hôtel. Ce bâtiment est
complètement à l'abandon. Seuls trois chiens ont élu domicile sur le toit.
Nous nous dirigeons vers le Castillo juste au dessus du parking. En descendant
nous voyons Gérard levé. Alors je lâche Nala qui file vers son maître. Nous
nous dirigeons vers Malaga. Nous ne nous y arrêterons pas aujourd'hui car nous
sommes lundi. Je me souviens toujours du lundi à l'Escorial et notre
déconvenue. Donc nous verrons Malaga demain. Après quelques courses nous nous
arrêterons près d'un pont qui mène à la plage de Cala del Moral. On se
baigne un peu, la mer est agitée. Un parasol s'envole. Nous nous dirigeons à
l'ombre dans le camping-car car malgré le vent, il fait chaud. Nous nous
dirigeons à travers les montagnes qui forment l'arrière pays de Malaga.

La
route a une forte pente. Les habitations rares et les routes dignes de ce nom
encore moins fréquentes. Nous traversons les villages ou villes d'Olias,
Colmériar, Riogordo. Vers Los Romanes nous nous arrêterons pour regarder le
paysage de montagnes arides surplombant un lac d'un bleu contrastant. Toute la
région qui suit ce lac va être manipulé par l'homme. Toute la vallée va
connaître l'irrigation maîtrisée.

Donc le vert réapparaît. Des cultures de
fruits et légumes animent la terre jusqu'à la mer. Vejez de Malaga sera
l'entrepôt avant le transport de ces délices. Nous reprenons la direction de
Malaga. La mer est toujours très agitée. Nous stoppons auprès d'une petite
plage de sable gris. Empoignés par deux à cause de la force de l'eau, nous
jouons avec les vagues. Jonathan est très énervé. Il en redemande encore et
encore. Nous repartons vers Malaga pour trouver une place pour la nuit. Après
avoir "tourné" dans beaucoup de quartiers nous nous garons, la nuit
devant une plage d'où l'aéroport est proche. Nous retrouvons également les
Bretons... Discussion assurée... Repas et...
dodo!!
Malaga...
Salobrena 104 km
Le matin, nous nous
baignons sous un bon soleil. Nous mangeons à l'heure espagnole bien entendu.
Ensuite nous partons à Malaga dans les vieilles rues du côté de la
cathédrale. Nous ne monterons pas jusqu'à l'Alcazabar. Nous dégusterons une
glace au Paseo del Parque, grand parc planté d'arbres exotiques.

Mais surtout
nous recherchons l'ombre car il fait 40° d'après les panneaux digitaux. Nous
ferons un petit tour dans les tours commerçantes et quitterons Malaga en
longeant le port des ferries qui mènent à Mellila, enclave espagnole au Maroc.
Nous longeons la côte. De grandes plages étalées deviennent rocheuses. Les montagnes plus avancées tombent dans la mer.

De temps à autre quelques
petites plages en contrebas donnent une allure plus "naturelle" à
cette côte. Sur les pentes, avant la mer, poussent de belles villas. Nous
traversons Nerja et Almunécar. Nous arrivons à Salobrena où nous
stationnerons pour la nuit. La mer est agitée. Les enfants ne se baigneront
pas.

Ils tremperont leurs pieds et s'amuseront à faire des ricochets dans un
bout de rivière qui se jette dans la mer. Nous allons flâner du côté du
marché qui s'est installé pour la soirée et le début de la nuit. Chaussures
et vêtements forment l'essentiel des étalages. En revenant vers le camping-car,
nous nous arrêtons dans un petit restaurant qui s'ouvre sur la plage. Avec
l'apéritif on nous offre des poissons frits avec des olives. Floriane déguste une
"tortilla" (omelette) et Jonathan croque des sardines grillées avec
des "patatas fritas". Quant à nous, nous nous offrons une paëlla.
Pendant que nos mâchoires fonctionnent et nos ventres se remplissent, le bruit
inlassable des vagues qui se brisent sur le sable agit inconsciemment. Le repas
se déroulera en contemplant l'horizon maritime éclairé au loin. Qu'il est bon
d'être ensemble entouré de ce paysage nocturne ! Cela peut paraître
romantique. Mais ce type de romantisme est toujours très apprécié.
Salobrena...
Sierra Nevada 125 km
Tôt le matin je sors
Nala et Ninette. Tout est calme, il y a peu de bruit. La vie s'est
animée dans Salobrena. Je rejoins Jo et Floriane à la plage où la
mer est aussi agitée. La baignade s'avère imprudente. Alors Jo et Floriane
reprennent les mêmes jeux qu'hier soir. Nous roulons en direction
de Grenade. Nous stoppons sur le bord de la route au début des montagnes pour
acheter des fruits pas chers! La route est assez récente puisque nous voyons
l'ancienne où personne ne circule. Le camion grimpe doucement... Nous prenons
un auto-stoppeur avec son matériel de parapente que nous déposerons à Sierra
Nevada, nom de la station de ski connue pour ses compétitions en hiver.
Quelques névés subsistent vers les sommets... très peu de monde dans les
rues.

Nous poursuivons la route vers Pico de Velata, le
premier sommet d'Espagne
culminant à 3 398 mètres? Nous stoppons là où la route est barrée. Après
un bon goûter, nous nous habillons pour grimper à pied jusqu'au Pic Veleta.
Nous arriverons juste au dessus du Pic mais la nuit tombe...

Le paysage prend
des couleurs ... c'est le coucher du soleil. Nous commençons le retour quand... tout à coup... deux chamois nous surprennent en coupant notre
descente...

Ils ne fuient pas, ils ne semblent pas trop sauvages. Le soleil
décline vite. Les couleurs sont magnifiques...

nous respirons en contemplant
les couleurs du crépuscule. Il est 21 h 30, nous descendons passer la nuit au
parking de Sierra Nevada... peu de monde se promène dans les rues... Les nuits
sont fraîches à cette altitude... nous avons remis les pulls... Il fait
10° .

Sierra
Nevada... Los Tablones 110
km
Nous nous levons tôt, le
ciel est dégagé, la lumière de l'aube s'inscrit dans un ciel sans nuage. La
journée s'annonce sans doute chaude. Nous démarrons alors que les enfants
dorment toujours, nous partons pour Grenade visiter l'Alhambra. Nous arrivons de
bonne heure et déjà une heure d'attente au guichet. Nous visitons les trois
parties de cette ancienne ville dans l'ordre indiqué par les flèches et les
guides. Lieux magnifiques et à ne pas manquer... Les photos en disent plus que
de longs discours...

  
 
Après 3 heures de
visite, nous regagnons le centre ville de Grenade... nous circulerons en bus
pour nous rendre à la cathédrale... se promener dans le quartier de l'Alcaicera...
visiter la Capilla Real.
Sous une chaleur
accablante, nous quitterons Grenade pour atteindre la montagne des Alpujarras.
Nous passons Lanjaron réputée pour son eau minérale, puis Orgiva et nous nous
arrêterons à Los Tablones sur une petite place pour passer la nuit.
Los
Tablones... Almocita 132
km
Après un début de
matinée relaxante, nous reprenons la route pour traverser tranquillement les
villages de l'Alpujarras. Les montagnes sont encaissées puis ce paysage
disparaît.
Nous nous arrêterons le midi à l'ombre le long d'une route...
une ferme en contrebas et le fermier sort son troupeau de chèvres qui va
passer tout près de nous et fera la joie des enfants. Nous continuons notre
chemin en longeant les champs sans fin d'amandiers et nous arrêtons à Ugijar
pour une petite ballade et continuons sur Fondon pour nous arrêter un peu loin
dans un tout petit village : Almocita. Notre emplacement est très réduit mais
le village est magnifique. Apparemment beaucoup de personnes âgées habitent ce
village et passent plusieurs fois devant notre camping-car...
La curiosité ou
l'inquiétude ? Pendant notre dîner, une dame s'arrêtera et nous donnera des
pommes de son jardin en nous indiquant sa maison. La vie ici semble tranquille,
très campagnarde. En soirée, nous allons dans les trois ou quatre rues du
village. Nous nous arrêtons sur un banc sous les lampadaires avec le
bruissement de la fontaine ponctuant le bruit nocturne du paseo qui se déroule
au seul café.
Almocita...
La Almadraba de Monteleva 102
km
Nous quittons les
Alpujarras pour rejoindre la mer via Alméria que nous traversons. Les campagnes
alentours offrent un spectacle un peu inhabituel. En effet, les champs sont
recouverts de grandes bandes blanches. C'est la saison morte pour l'agriculture.

Alors imaginons ces grandes étendues en pleine activité avec ces hommes et
femmes innombrables pour la cueillette des oranges, des clémentines, des
tomates, poivrons et autres légumes. Nous arrivons à Cabo de Gata par un
trajet de style piste pour 4X4... une impression de désert... beau panorama...
vue sur la mer à partir des falaises.

Un chemin privé mène à une propriété
de style arabe privilégiée par le site et qui semble être inhabitée au
moment où nous y sommes. La couleur de l'eau est attirante... nous poursuivons
la route et nous nous baignerons à Almadraba où nous passerons la nuit en
bord de mer.
La
Almadraba... La Isleta 41
km

A la Almadraba nous
achetons du poisson tout frais qui vient d'arriver par petits bateaux. Après le
repas de midi, un petit brin de ménage avant de repartir... Gérard et les deux enfants sont en
vadrouille sur la plage. tout à coup, une voiture de police se gare pas très
loin... Les policiers font un tour et voilà qu'ils viennent me voir. D'après
leur ton et la compréhension que j'ai de l'espagnol, je suppose qu'ils me
conseillent de ne pas dormir ici mais je leur réponds avec détermination que
nous ne restons pas là, nous allons partir... Ouf ! ils m'ont cru...
heureusement qu'ils ne sont pas passés hier en fin d'après midi. Quelques
kilomètres plus loin, voici San José, petite ville des plus agréables grâce
à sa situation géographique face à une petite baie. Nous grimpons dans de
petites ruelles étroites. Ah... vraiment trop étroites et nous voilà
coincés... Nous sommes obligés de faire marche arrière dans une pente. Un
tout petit peu plus bas, un Français nous indiquera la "route" pour
aller à la plage de Los Genoveses. Baignade très agréable dans une mer chaude
et bleue. Nous tarderons à retourner au camping-car, témoin d'un incident qui
aurait pu devenir dramatique. Des enfants se baignent, jouent dans et autour
d'un bateau pneumatique. Un mauvais courant sans doute et l'embarcation se
retourne. Cris, panique... la mère prévient son mari qui court sauver les
naufragés... On aurait pu en rester là ! Le suspens va nous tenir encore en
haleine un bon moment car un homme est parti chercher le bateau mais plus il
s'avance, plus le pneumatique s'éloigne... Cet homme est maintenant très loin
en mer. Enfin il parvient à le récupérer. On aurait pu penser qu'il se
hisserait à bord. Détrompez-vous, c'est en nageant qu'il va rapporter le
bateau sur la plage. Il est sans doute épuisé, nager en mer à contre
courant pendant plus d'une demi-heure... quel courage... pour sauver un
pneumatique..."Mer...Mer... je suis traitre et je peux frapper fort"
Nous irons dormir un peu loin en bord de mer à La Isleta.
La Isleta...
Carboneras 63 km
(la
mésaventure)
Nous profitons encore de
bains de mer à La Isleta. Les visites se font plus rares. Il est vrai que
notre retour approche... alors nous profitons pleinement de la baignade dans une
mer chaude. C'est pourquoi nous nous retrouverons pour une nouvelle baignade
en fin d'après-midi juste avant Carboneras après avoir traversé la Sierra del
Cabo de Gata, "parque natural". Maintenant il est l'heure de trouver
un endroit pour passer la nuit et c'est à Carboneras que nous nous garons en
bordure de plage. Un camping-cariste français est déjà là... Jo et Flo jouent
au ballon ou aux raquettes... mais le contact restera très froid avec nos
voisins... Bel accueil des Français en Espagne ! Bref ! Tant pis pour la
communication. IL fait beau, on s'amuse bien. En soirée, un homme passe en
voiture pour nous vendre des melons... Pourquoi pas ! Notre dessert du soir à
domicile ! Après le repas, nous nous baladons en ville, cité sympathique aux
rues animées, belle fontaine éclairée.
Enfin nous nous
couchons... Vers 3 heures du matin... réveil en sursaut... Nala aboie avec
détermination... Gérard frappe au plafond du camping-car... Que se passe-t-il
? Il a été réveillé par Nala puis a entendu des pas sur le toit. En moins de
temps qu'il ne faut pour l'écrire... Gérard se rue sur le klaxon, met le
moteur en route... allume les phares... Deux jeunes cherchent à fuir avec leur
voiture mais ils se sont ensablés... Gérard descend... le camping-car
français se taille, merci pour l'aide... des Espagnols eux aussi en camping-car
sont là et viennent me voir... Ces jeunes qui tournent toujours autour de leur
voiture m'ont volé un anti-brouillard et étaient montés sur le toit pour me
voler ma roue de secours.... La Guardia Civil arrive très rapidement avec 2
véhicules... Discussion des faits et ils se dirigent vers ces 2 jeunes... L'un
prend la fuite par le bord de mer et l'autre est maîtrisé par la Guardia
malgré son opposition. Un anti-brouillard est bien retrouvé dans la voiture
ensablée... Tous les véhicules garés près de nous sont contrôlés... Encore
sous le choc "un vrai feuilleton américain" vécu en direct...
l'écran était le pare- brise... Enfin je peux descendre, les enfants restent
à l'intérieur mais regardent avec des yeux grands ouverts malgré la nuit et
le réveil inattendu ! Je parle avec une Italienne qui était près de nous
en camping-car alors que Gérard discute toujours avec la Guardia Civil qui nous
demandera de se présenter au poste demain matin à 9 heures... Il est 5 heures
du matin ! Nous remontons et nous nous rendormons néanmoins.
Carboneras...
Mojacar 27 km
Il est temps de se lever
après cette nuit agitée... Nous nous rendons avec l'Italienne, notre voisine
d'une nuit, au poste de police. Un homme bien endimanché nous accoste... Nous apprenons
qu'il est le père de l'auteur ivre. Il nous propose de l'argent pour que l'on
ne porte pas plainte. Son avocat se joindra également à nous... Gérard est
appelé au bureau où il apercevra l'auteur qui a fini sa nuit dans une petite
pièce... La plainte est déposée. Mais le phare restera au poste pour pièce
à conviction dans cette affaire. Carboneras semble fréquentable... Au poste de
police, nous rencontrons une famille française qui s'est fait voler ses
vêtements sur leur balcon... Nuit agitée... Matinée animée... Esprits
bousculés... Nous partons et décidons de ne pas changer notre circuit.

La route surplombe la
mer... Vues superbes. Nous faisons des courses à Mojacar, où nous
apercevons beaucoup de touristes jeunes. Nous retournons sur nos pas car nous
avions repéré un endroit en bord de mer de type parking à camping-car... Cool !
Relax ! Oh ! Oh ! Un allemand s'enlise dans le sable, nous le tirons de ce
mauvais pas. En retour, il nous offrira 1 litre de glace que nous avalons avec
plaisir. Puis baignade à gogo... Discussion avec un vieux couple de français
qui a laissé sa maison depuis 3 ou 4 mois pour faire je ne sais quel voyage. La
tranquillité est retrouvée... la nuit entourée et calme.

Mojacar...
Guadix 177 km
Debout... il fait
chaud... baignade et baignade... nous en profitons car ce sont les dernières.
Nous quittons la mer en début d'après-midi. Nous nous arrêtons et nous
visiterons les studios de plein air pour westerns italo-américain des année
60-70. En route pour Texas-Hollywood-Fort Bravo.

Après une déambulation
libre où nous imaginons notre propre scénario, nous assistons à un spectacle
western à l'extérieur puis dans un saloon.

Apparemment les westerns
sont tournés en dérision par les comédiens andalous au regard noir.

Nous reprenons la
route ... nous sommes sur le retour... et nous nous arrêterons sur un parking à
Purullena près de Guadix.

Guadix...
St Elena 197 km
Derniers achats de
poterie dans le magasin d'exposition situé le long de l'autovia. Retour sur
Guadix où nous "visitons" le quartier des grottes: Las Cuervas. Je
suis très méfiante d'après les commentaires du "michelin".
Grâce à Gégé plus
confiant, une habitante du quartier nous ouvrira les portes de sa modeste
demeure, fraîche et proprement tenue. Nous ne sommes pas les premiers
touristes qui passons le seuil.

Après cette dernière
halte le voyage retour non stop va commencer via Moreda... Udeba... Linares...
La Carolina... St Elena où nous dormirons sur un camping tout neuf.
St
Elena... Gasteiz Victoria 623
km
Le matin, nous reprenons
la route du retour via... Valdepenas... Aranjuez... Madrid... Burgos... Gasteiz
Victoria où nous prendrons notre dernier dîner dans un restaurant à la sortie
de Gasteiz Victoria et qui nous autorisera à dormir sur son parking.
Gasteiz
Victoria...la Normandie 950
km
Dernière ligne droite
via San Sébastien où nous nous arrêterons pour prendre une dernière bouffée
de mer, passerons la frontière à Irun et regagnerons la Normandie, via
Bordeaux... Barbezieux (halte nocturne)... Angoulême... Poitiers... Tours...
Chartres... Dreux et nous franchissons les portes de la Normandie
Souvenirs...
Souvenirs...
Si vous avez suivi notre
voyage, vous aurez parcouru 6153 km... Vous aurez passé 3 nuits en camping sur
30 nuits dont 28 en Espagne sous une
température de... 45° maximum. Beaucoup de photos... Toutes n'ont pas été
publiées sur ce site pour des raisons de respect et de dignité des
personnes... raisons que chacun comprendra. Tous les aspects pratiques et vie en
camping-car sont décrits dans la page pratique.
Ce récit a été écrit par Nicole, tout au long du voyage.
Cette page a été mise à jour le :
23/09/2006 15:47:16
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